Chez  nous en Provence nous aimons nos cigales.

Petite histoire de la cigale : Xavier Mozziconacci
Croyez vous que la cigale que nous entendons chanter tout l’été dans nos pinèdes, est seule au monde ? Eh bien non ! Elles sont 4500 cousines. Chacune a ses particularités : chants différents, taille pouvant aller de celle d’une mouche à celle d’un petit oiseau, durée de vie……
Nous avons la chance d’avoir la présence de 16 espèces dans le sud de la France. La plus grande mesure 51mm, la plus petite 18. Celles que vous pouvez connaître, que vous avez au moins entendues, sont la cigale grise de cacan (la plus bruyante), la grande cigale commune, et la cigale pygmée.
Le bébé cigale naît au mois d’octobre. Il sort de l’œuf sous forme de larve (première forme de son existence). Il descend de la brindille le long d’un filament auquel il reste attaché quelques heures. Cela lui permet de sécher et de raffermir son corps bien mou. Ainsi lors de la rupture du filament sous l’action du vent, il peut mieux résister au gros choc de son premier contact avec la terre.
Immédiatement il s’enfouit sous la terre. Il commence ainsi son long périple qui pourra durer de 3 à 6 ans. Cette variation dépend non seulement de son espèce, mais aussi de la nourriture qu’il va trouver sur son chemin, en raison de la pauvreté ou de la richesse du sous sol.
La future cigale se nourrit de la sève des plantes. Elle la prélève sur les racines. Tout le long de son cheminement elle creuse un tunnel dont elle cimente les bords en mélangeant son urine à la terre remuée.
Un jour, au mois de mai, la future cigale apparaît enfin au soleil. Elle est alors sous forme de nymphe (deuxième état de son développement). Elle est  très fragile et doit rapidement grimper pour se mettre à l’abri, et commencer sa mue. A l’aide de ses griffes elle s’ancre très fortement à son support et commence sa transformation. Elle devient alors la chanteuse que nous connaissons.
Le mâle est plus fin, il a le ventre creux. La femelle est plus imposante, avec son abdomen bien rebondi.
Heureusement que ces dames aiment bien se faire prier. C’est pour cela que leurs soupirants chantent. Mais il leur faut une certaine température, au moins 22 degrés. En dessous les voix se grippent.
Notre cigale se nourrit de la sève des plantes. Elle n’a pas de bouche, mais un rostre, sorte d’aiguille très dure, qu’elle plante dans l’écorce, par laquelle elle aspire le précieux liquide. Savez vous que de tous les insectes piqueurs – suceurs la cigale est la seule à ne pas occasionner de dégâts au végétaux.
Le mariage de la cigale se déroule de la manière suivante : Le papa chante pour appeler sa future. Celle-ci vient se poser sur la brindille au dessus de lui. Elle descend en marche arrière, et vient à sa hauteur. Monsieur se positionne alors dessus pendant 15 à 30 minutes. Ensuite chacun reprend son chemin. Monsieur continue à chanter, toujours à la recherche d’une autre fiancée. Savez vous que celui-ci ne peut pas reconnaître une dame de son espèce. Il pourrait même s’accoupler avec un mauvais leurre.
Madame pond ses œufs à partir du mois d’aout jusqu’au début septembre, sur une brindille sèche. Elle insère ses œufs par séries de 10 à l’aide de sa tarière, petit marteau piqueur qui lui permet de percer la couche supérieure du bois. Elle peut ainsi en déposer 3 à 400. Quel travail ! Seuls 5 pour cent seulement verront le jour.
Les cigales sont victimes de nombreux prédateurs, particulièrement les mâles qui sont exposés à cause de leur chant. Les plus visibles sont les fourmis, les guêpes, les oiseaux qui s’en régalent. Tout naturellement les cigales ne résisteront pas à l’hiver.
Dans les temps anciens, la cigale était consacrée à Apollon, Dieu Grec de la lumière.